Séga, une expression instinctive.

Séga
« Séga !!! ». Le mot est lâché et les corps entrent dans la danse. Musique et chant métissés au gré des influences migratoires et des époques, le séga demeure une référence identitaire, symbolisant la liberté et un certain bonheur de vivre.
Le séga c’est d’abord un rythme obsédant, sur lequel se greffent un air accrocheur et des paroles puissantes, imagées, racontant la vie quotidienne avec une gouaille créole irrésistible. C’est ainsi que le vivait Ti Frère, improvisateur de talent et qui restera pour toujours une référence du séga traditionnel. Celui-ci a trois instruments de base. La ravanne, faite d’une peau de chèvre tendue sur un cercle de bois et dont les battements saccadés appelle les pieds frottant le sol. La maravanne, sorte de boîte plate remplie de graines, produit un bruissement qui souligne le déhanchement des corps. Le triangle sonore marque la syncopée soutenue de cette musique instinctive.
Hérité du temps des esclaves, le séga a accompagné la population mauricienne dans son évolution. Il a accueilli les sonorités d’instruments orientaux et a subi diverses influences. Il mêle avec bonheur le créole et les expressions anglaises ou bhojpuri. Il a vécu le rap et autre courants modernes et s’exprime parfois « seggae », fusion populaire du séga et du reggae initié par Kaya, artiste aujourd’hui disparu. Mais il a surtout gardé son pouvoir rassembleur et continue d’exprimer une identité mauricienne authentique.